Rentrant de formation, un vendredi de début juillet, je découvre interloquée la chambre de fils grand... VIDE. Je savais qu'il avait trouvé un petit nid où s'installer avec Miss Cocotte (Comment ? Je ne vous ai pas encore parlé de Miss Cocotte ?), je n'imaginais quand même pas qu'ils mettraient à profit mon absence pour déménager.
Il m'a expliqué qu'il avait fait deux tas :
1 - je garde et j'emporte.
2 - je jette.
Le résultat était...troublant. Armoire vide, étagères désertées, plus un seul livre, plus de vêtements, disparue la collection de bouteilles de bière, les mangas, la crosse de hockey, le paintball - même plus de poster sur les murs (par contre, les tags faits à l'aérographe un jour de désœuvrement et les trous du jeu de fléchettes étaient bien visibles, eux)
Quelques semaines ont passé... cette chambre abandonnée me donnait le bourdon.

nounours

Il ne manquait que le feu vert de fils grand - qui l'a donné bien volontiers, un soir où n'ayant rien à manger, miss Cocotte et lui s'étaient réfugiés chez maman pour se remplir la panse : "Allez, vas-y, tu peux faire ce que tu veux maintenant, même ton atelier, même un truc de fille plein de frou-frous et de dentelles si tu veux !" De toute façon s'il refusait, ils repartaient le ventre vide. Non mais.
Un pot d'acrylique blanche attendait son jour au garage. (Ça tombait bien, la bénédiction étant tombée un samedi soir). Murs et plafond ont été les premières cibles le lendemain, dès potron-minet.
La suite est de bric et de broc... à commencer par le prie-dieu donné par une mamie qui retrouve un nouvel usage plus en accord avec mes... occupations (païenne, va !).  De coups de pinceaux en coups de cœurs, entre transformation et détournement, je peux maintenant vous montrer la nouvelle "chambre-atelier" de la maison Grelotte...

Chambre0

PS : J'aime bien cette expression "potron-minet" - minute culturelle :
Étymologie : L'expression originale était "dès potron-jacquet". Potron vient de "poitron", qui lui-même vient de "poistron", du latin posterio, postérieur : le derrière, donc. Et un "jacquet", en normand, est un écureuil.
Ainsi donc "dès potron-jacquet" signifiait "dès qu'on voit le derrière des écureuils", et ceux-ci sont extrêmement matinaux.
Au fil du temps et de l'urbanisation, au XIXème siècle, les écureuils devinrent de moins en moins "quotidiens", d'où, peut-être, le remplacement de l'expression en "potron-minet", le minet étant le chat, plus commun en tout lieu.

A demain donc, dès potron-minet... si vous le voulez bien !